L'Ardèche en VTT

Compte rendu

Cinq dans le train au départ de Grenoble – Lolo, Ricou, Guillaume, Freddo et Nico, qui deviendront sept après avoir retrouvé Yohann et FredH à Péage de Roussillon, tous deux fraichement arrivés des rives du canal de l’Ourcq. Le Rhône ça change. Une housse de vélo est déposée derrière le monument aux morts – comme dit FredH, faut bien que ça serve à quelque chose ces trucs là – et sera récupérée par Laurent et Michel un peu plus tard.

Pendant ce temps-là, Marti et Etienne se font éjecter manu militari d’un autre train pour cause de trop de vélos au goût des autorités TERestres.  Au même moment, Franckie fait la queue sur l’A7.

Les sept longent le Rhône dans un sens, puis dans un autre et remontent le vignoble jusqu’à Annonay. Histoire d’éviter une départementale, Lolo propose un « petit»  détour dont il a le secret. Un passage dans un tunnel ferroviaire désaffecté, nous conduit de poussage, grattage de ronces et portage à rebrousser chemin. A force d’ânonner sur des chemins qui n’en sont pas, on trouve enfin Annonay. Pique-nique et rafraichissement sur la place principale. La patronne du bistrot nous explique que les frères Montgolfier, papetiers de leur état, y ont construit le vaisseau qui les a rendus célèbres et en sont partis de cette place. On les comprend : autour, c’est magnifique, mais quand on a vu Annonay on a qu’une envie c’est de se faire la malle.

Franckie suivra seul et courageusement la même route, une fois résorbée la queue de l’A7. Le prologue ne faisait que 60km et 1200mde D+. Tout va bien.

Laurent et Michel avaient déniché un petit Marcel parfait pour le Kdo du guide. On profite de l’apéro au gîte pour la cérémonie. Quelques cm2 de tissus suffisent à vous habiller le Lolo. L’ambiance se met en place. La taulière a un avis très arrêté sur les avantages et inconvénients comparés des plaques vitro céramiques et des bruleurs à gaz . Ca changerait la couleur des œufs du flanc ; on a du mal à suivre. Mais c’est moins grave que les caméras de surveillance à la gare de Péage de Roussillon qui ne fonctionneront pas pour la voiture de Franckie – ça rassure – ou le côte du Rhône qu’on ne trouve plus au supermarché à cause de la rupture de moutarde et de la guerre en Ukraine dont on nous rabat les oreilles. On ne creuse pas.

Le lendemain, deuxième jour, noté jour 1, puisque la veille ne comptait que pour du beurre.

Jolie montée roulante sous les pins jusqu’au col des Baraques. Yo est un peu malade – on s’inquiète. Longue piste dans la forêt et panorama splendide au sommet.  Glace à l’italienne à Saint-Bonnet-le-Froid. Rien de tel pour vous remettre un Yo sur pattes. Saint Bonnet, ses glaces donc, son église romane, ses motards, son restau multi-étoilé et son héliport pour les convives du restau qui n’auraient ni VTT, ni moto, ni bagnole – nombreux dans ce cas, dit-on. La suite est très roulante ; pas de difficulté technique. Au total 1400m D+ et 45km.

On vous avait mis l’eau à la bouche avec Saint-Bonnet-le-Froid, mais le gîte du lac de Devesset, c’est autre chose. Voilà une adresse à retenir pour passer un week-end avec votre prochain amant messieurs, votre prochaine maitresse mesdames. Maison de pierres sèches, chevaux dans le pré, joli papa qui pousse la balançoire de son petit garçon, envie soudaine de faire de la balançoire, lits King size pour les couples de Queens, lac, promenade, bain, soupe froide et truite à la crème mémorables. Le patron est intarissable sur la bête du Gévaudan qui sévit au XVIIIè siècle. Elle aurait fini en fricassée sur une plaque en vitro-céramique.

C’est à Devesset que douleurs et rougeurs postérieures commencent à se faire sentir. Une économie de troc se met en place : échange de pâte-à-cul contre dentifrice et crème solaire est un classique matinal. Marti demande de la crème de jour pour ses fesses ; heureusement, personne n’a pris de stick à lèvres : qui sait à quoi cela aurait pu lui servir ? Franckie déplace avec lui une véritable pharmacie, qui peut oindre tout le groupe de lotions fort utiles et aux vertus souvent miraculeuses (ce sont les lotions dont la vertu est miraculeuse, pas celle de notre président Emérite). Le groupe compte deux Ex : Grand Laurent et Emérite Franckie .

La lande que l’on traverse en quittant le lac Devesset fleurerait presque la Bretagne, mais quelques temps plus tard on se trouve transporté d’un coup dans les Rocheuses: un gaillard blond, bien fait de sa personne, sort d’un 4x4 au bout d’une piste forestière à la recherche de son petit berger australien. Aux yeux bleus. Notre homme en a l’œil mouillé. Grand Laurent, au motif d’informer le maitre au cas où on retrouverait l’animal, s’enquiert immédiatement du 06 du vacher (quel coquin ce Laurent) ; et faisant école, une brochette de dérailleurs qui s’imaginent déjà à Brokeback Mountain sortent tous les portables de leurs poches, enregistrent le numéro et jettent un coup d’œil discret à quelques-unes de leurs applications favorites. Michel tente quelques mots en néerlandais, on ne sait jamais.

En chemin nous faisons un petit détour par le Mont Mezenc. La piste fraichement creusée et encore couverte de la poussière laissée par les engins de terrassement se présente en raidillon de 200m de D+ quasiment tout droit dans le pentu. Quelle vue au sommet ! A la descente on ne verra rien, car ces gamins de dérailleurs dévalent dans la poussière et dérapent à chaque tournant – tout juste aperçoit-on une pauvre promeneuse encore ahurie, émerger d’un nuage dont elle n’a pas eu le temps de connaitre la cause. On « roule propre » c’est cela ? Mon… œil, oui ! En tout cas, on l’aurait bien refaite celle-là. Mais on ne s’attarde pas car la journée n’est pas finie.

Arrivée à Estable, charmante petite station de moyenne montagne. On s’enfile un goûter gargantuesque et on s’installe dans notre gîte. Surprise ! Les Dérailleurs sont connus comme les loups blancs : JiPé y avait organisé un séjour il y a quelques années. En guise de pré-apéro, Franckie nous conduit à la luge d’été et nous offre plusieurs tours de manège. Les mêmes gosses qui ravinaient la montagne un peu plus tôt, trépignent avec les petits de 10 ans sur leurs montagnes russes. « Emérite » un gros baiser notre Franckie.

Accueil vraiment chaleureux, excellente cuisine familiale et une confiture de cynorhodon qu’on n’est pas près d’oublier (test : qu’est-ce que le cynorhodon ?). A la table d’hôtes, discussion avec un couple sympathique et original qui remonte le cours de la Loire depuis Nantes.

Les voilà, enfin ! Ils s’impatientaient. Ils piaffaient. Ils les attendaient, ils les désiraient, nos grognards. Les monotraces sont là. Pensez, au troisième jour. Soixante bornes et 1500m de D+ rien que de petits sentiers. Les haut-plateaux d’Ardèche et de Haute-Loire offrent des paysages à couper le souffle (ou sont-ce les 1500m de D+ qui coupent le souffle… ?). Petit passage par le Mont Gerbier de Jonc, sans trop d’intérêt, si ce n’est le bar « chez Régine » dont on s’empresse de cacher l’existence à Emérite. C’était une sage suggestion de Freddo, qui pensait non sans raison, que si Franckie y rentrait, on le perdait pour la suite.

Arrivée au Mas du Pas de l’Ane, caché entre la forêt et les myrtilles et derrière quelques éoliennes qui laissent nos hôtes intarissables sur la question : l’electricité des plaques vitro-céramiques est-elle d’origine éolienne ?

Magnifique journée de mono mais catas en multi : crevaison (on vous dit qu’en tubeless ça n’arrive jamais…), patte de dérailleur, pédalier coincé, bras arrière de la suspension de Guillaume en rade, et, plus grave encore, l’un des nôtres, dont on taira le nom par charité, qui a perdu une claquette en chemin, doit paraitre au dîner en charentaises.

Suit une petite journée sous un soleil éclatant que l’altitude permet de supporter sans difficulté. On prend notre temps. Les cafés et goûters s’accumulent. A retenir le charmant village de Mont Selgue : église-mairie en un seul et même bâtiment du XIIème siècle - elle est pas belle la France ? On recommande la tarte noix-chocolat du café. Franckie nous rappelle les bases du secouage d’Orangina – on vous épargne les détails. Plus loin, en chemin, nous recroisons un petit groupe qui fait le même périple que nous. On joue à cache avec eux et on s’échange nos impressions. Très sympathique.

Le jour 3 c’était le jour de Ze premier mono, le jour 5 sera celui de Ze descente, là encore en monotrace. 1200m de D-. Arrivée aux Vans et petit shoppping de produits de première nécessité (troc de charentaise contre des claquettes, patacul, nutella). Le paysage change du tout au tout : les monts d’Ardèche et de Haute Loire ne sont plus, à nous la garrigue et les oliviers. On déplore encore quelques avaries, une deuxième crevaison de Guillaume sur pneu sans-chambre, une autre de Grand Laurent – laquelle donnera lieu pendant la réparation, à une répétition de « Viens je t’emmène » brillamment dirigée par qui-vous-savez. Freddo est à la caméra.

Dîner à « l’international camping » de l’autre côté du Chassezac (ça en jette hein ? Laissez wikipedia, c'est un affluent de l'Ardèche)

La dernière journée débute par une petite pluie matinale que nous apprécions tous. Vite oubliée car l’après midi sera l’occasion d’une montée sous le caniard. Nous roulons aux thèmes de « Ca ira mieux demain » (Annie Cordie), « Viens je t’emmène » et le plus classique « Viens voir les comédiens » d’Aznavour – ça des comédiens il y en avait quelques spécimen sur les chemins de la GTA depuis une semaine. Du caniard ou d'Annie Cordie les avis sont partagés sur ce qui est le plus supportable. On traverse l’Ardèche sur un pont suspendu de toute beauté. 50km, 1000m D+, presque une journée de repos.

Le soir nous réserve des surprises : le « logis » est un magnifique hôtel particulier du XVIIIème siècle posé sur les bords du Rhône, dont les pièces sont décorées sur le thème des routes de la soie, et ce en référence à une sorte de capitaine Haddock qui aurait acheté la demeure sous Louis XV. Déco délirante, pièces grandioses, chambres somptueuses. On est dans un autre monde. Le patron est un peu givré, mais comme la piscine, sous les voutes d’une cave, et la cuisine sont irréprochables on oublie. Il nous laisse l’un de ses salons, où bien évidemment Franckie s’assoit au piano, car tout cela Emérite bien quelques chansons en guise de feu d’artifice pour la fin de ce séjour grandiose organisé par Lolo – organisation parfaite comme d’habitude.

Les retours du lendemain sont un peu poussifs : trains en rade, retards, etc… mais on s’en fout. On en a encore plein les yeux

Infos pratiques

Nombre de participants :
12 personne(s)
Distance parcourue :
355 Km
Dénivelé positif :
7 600 m

Ressources liées

Activité La Grande Traversée de l'Ardèche [COMPLET]

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